Résilience et cinéma.

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Résilience : Pourquoi est-il si difficile de regarder le risque en face ?

C’est une petite mésaventure qui en dit long sur notre époque. Dans le cadre de la Journée nationale de la résilience 2025, j’ai pris l’initiative de contacter le réseau de cinémas CGR, et plus particulièrement notre établissement local à Périgueux.

L’idée était simple, presque évidente : profiter de l’impact du grand écran pour diffuser gratuitement des spots de sensibilisation réalisés par le gouvernement. Des vidéos courtes (2 à 3 minutes), dynamiques, et présentant les bons réflexes à avoir face aux risques majeurs sur un ton humoristique. Une main tendue pour transformer une salle obscure en un lieu de citoyenneté active.

Le résultat ? Un silence radio. Pas de nouvelle, ni à Périgueux malgré un accueil positif du directeur , ni de la direction nationale.

L’ironie du calendrier

Quelle ne fut pas ma surprise de lire il y a peu dans la presse locale que cette même enseigne a organisé une soirée spéciale au cours de laquelle des petits films réalisés par des particuliers sur le thème « rencontres amoureuses » ont été projetés, avec un format allant jusqu’à 4 minutes afin de s’inscrire dans le thème de la soirée.

On comprend ici le paradoxe : le cinéma sait ouvrir ses portes aux formats courts lorsqu’il s’agit de divertissement ou d’émotion. Mais dès qu’il s’agit de résilience, de préparation aux crises liées au changement climatique, les écrans deviennent soudainement opaques.

Pourquoi ce déni collectif ?

Cet épisode n’est pas qu’une anecdote. Il symbolise la place — ou plutôt le manque de place — de la culture du risque dans notre conscience collective :

  • L’évitement du « sujet qui fâche » : On préfère projeter des histoires de rencontres (certes louables) plutôt que des modes d’emploi face aux inondations ou aux incendies. La préparation à faire face aux risques est perçue comme anxiogène, là où elle devrait être perçu comme un outil d’empowerment : c’est à dire quand un citoyen acquiert les connaissances et les outils pour prendre sa propre sécurité en main.
  • Le décalage entre l’urgence et le divertissement : Alors que les rapports du GIEC se succèdent et que les événements extrêmes se rapprochent de nous, on considère collectivement la « sécurité » active comme un sujet « hors cadre », trop institutionnel ou pas assez « séducteur ».
  • L’illusion de l’invulnérabilité : Ne pas parler du risque, c’est entretenir l’idée qu’il ne nous concerne pas. Pourtant, la véritable résilience commence par l’acceptation de notre vulnérabilité.

Pour une culture du risque partagée

Apprendre à réagir face à une catastrophe ne devrait pas être une option ou un « contenu ennuyeux ». C’est un acte de solidarité. Diffuser ces spots entre deux bandes-annonces de blockbusters ne ferait pas fuir les spectateurs ; cela leur donnerait, peut-être, les clés pour limiter les conséquences d’une crise et pourquoi pas revenir au cinéma demain pour découvrir une autre information.

La résilience ne doit pas rester confinée aux rapports de préfecture ou aux journées nationales thématiques. Elle doit habiter de vie, notre quotidien sans l’envahir.

Il est temps que nos acteurs culturels comprennent que sensibiliser, c’est aussi protéger. Espérons que pour la prochaine édition, le message parviendra jusqu’aux cabines de projection.

Et vous, seriez-vous choqués de voir un conseil (pratique et important sur les actes réflexes à connaître) de 2 minutes avant votre film ?

Rendez-vous en octobre 2026.

 

 

 

 

 

 

 

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